Bilan et perspectives

Bilan en demi-teinte et beaucoup de questions en suspens

Il s’avère, au bout de deux ans d’existence, que cet outil est assez peu utilisé comme le montrent les statistiques de consultations générées par Google Analytics.

Ce résultat a découragé la majeure partie des acquéreurs qui n'ont plus souhaité maintenir l'alimentation de la page publique mais conserver toutefois l'utilisation de la page privée pour leurs veilles professionnelle et personnelle. Le doute reste entier quant à l'avenir des Netvibes à Lyon 1 : une récente réunion des acquéreurs est venue appuyer ce constat car rares ont été ceux qui se sont déclarés prêts à poursuivre l'expérience avec cet agrégateur de flux.

L’enthousiasme, au premier abord, de la part des enseignants-chercheurs rencontrés à l’occasion de la mise en place de nouvelles formations, mais le peu d’utilisation de la part des étudiants, nous amènent à nous interroger sur le bien-fondé et l’utilité de conserver cet outil de veille collaborative et de médiation ; de nouveaux outils seraient peut-être plus adaptés aux besoins et aux usages des étudiants et des chercheurs. Cependant, de nouveaux publics, des étudiants avancés (doctorants, éudiants en DU ou DIU…) rencontrés lors de rendez-vous individuels dans le cadre du service « Bibliothécaire sur rendez-vous » et en quête d’outils de veille et d’alerte semblent particulièrement intéressés par les Netvibes. Ce public potentiel est à suivre.

Suite à ces constatations, des questions ont émergé :

Netvibes était-il l’outil de veille le mieux adapté au public visé ?

Si les uns et les autres sont familiers avec des pratiques de veille, quels sont leurs habitudes et leurs usages ?

Pour résumer, si l’on essaie d’analyser les causes relatives de cet échec, plusieurs raisons peuvent être avancées :

– le lancement de ce nouvel outil collaboratif s’est fait sans analyse préalable des pratiques informationnelles de nos publics. Les supposées attentes de ces derniers se sont plus appuyées sur nos représentations professionnelles que sur des pratiques constatées ;

– la connaissance par les acquéreurs des possibilités de l’outil a été certainement insuffisante, à cause d’une formation en interne accélérée et probablement trop courte pour que ces derniers puissent s’approprier pleinement ce nouvel outil ;

  • les difficultés de sauvegarde des modifications effectuées lors d’ajouts ou de suppressions de widgets ont pu décourager certains acquéreurs qui avaient investi de nombreuses heures de travail dans le maintien et l’alimentation de leur univers. Des sauvegardes infructueuses du serveur ont eu pour conséquence la perte importante de données;
  • enfin, le côté sommaire de l'outil ne permet pas d’indexer les flux, et donc de retrouver aisément des sites sélectionnés à partir d’un mot-clé ou tag.

Perspectives

À l'occasion de la mise en œuvre de nouvelles formations pour des niveaux Master, à la rentrée 2011-2012, il a été proposé aux enseignants de mettre l'accent sur l'activité de veille informationnelle. Ainsi, une présentation des outils de veille documentaire, incluant différents agrégateurs, comme « Google Reader » et « Netvibes » est prévue.

Une collaboration plus approfondie avec le responsable du centre de documentation de l’Institut des sciences pharmaceutiques et biologiques de Lyon 1 (ISPB) pourrait être une opportunité d’évolution du Netvibes Pharmacie. En effet, cet enseignant, en charge de la formation à la recherche documentaire des étudiants de la faculté de Pharmacie, initie ses étudiants à la veille par l’abonnement à des flux RSS dans la barre d’Internet Explorer. Il a suggéré récemment la mise en place d’ateliers de veille, incluant une présentation des univers Netvibes, si le besoin émergeait.

Cette proposition d’ateliers de veille pourrait être étudiée et éventuellement concrétisée par la mise en œuvre de formations, venant compléter l’offre de formation existante à Lyon 1 sous forme d'ateliers dédiés à la prise en main de PubMed, Endnote et Zotero.

Si, à l'avenir, la décision de maintenir les Netvibes à Lyon 1 était prise, il pourrait être intéressant de réfléchir à une communication plus ciblée et, notamment à une mise en valeur plus appropriée de l’ensemble des univers sur notre portail documentaire (meilleure mise en évidence sur les pages de nos accès par domaines).

En conclusion, un engouement des Netvibes comme outil de médiation à destination de leur public, en présentiel et à distance, a vu le jour en 2009 auprès des professionnels des bibliothèques et centres de documentation,.

À Lyon 1, il est intéressant de constater que l’appropriation n’a pas été immédiate de la part des étudiants et des chercheurs. Toutefois, son abandon, alors que d’autres outils plus perfectionnés ont fait leur apparition, reste pour l’instant en suspens.

En effet, le personnel de la BU serait-il prêt à se tourner vers un nouvel agrégateur de flux ? Ce nouvel outil devrait être plus opérationnel et surtout mieux correspondre aux usages de veille et de médiation des étudiants et enseignants-chercheurs de Lyon 1.

De façon plus générale, ne conviendrait-il pas en tant que professionnel de l’information, de nous interroger sur notre rôle de prescripteur ?

Nos représentations correspondent-elles réellement aux attentes et aux pratiques informationnelles de nos publics ? Sommes-nous suffisamment à l’écoute des besoins réels de nos usagers, afin de leur proposer des solutions plus adaptées, au lieu de vouloir leur proposer un outil que nous avons choisi pour eux ?

Ne sommes-nous pas toujours trop en avance, en terme de technicité, par peur de renvoyer une image désuète et dépassée de notre profession ou de notre établissement ?

Voici les questions qui demeurent en suspens, à ce jour…

Notes
1.
Facebook de la BU de Lyon 1 : < http://www.facebook.com/bibliotheque.universitaire.lyon1 >.
2.
Blog de la BU : <  http://bulyon1.wordpress.com  >.

 

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