Acquérir une culture numérique

Dans ce cadre, il paraît important d’adopter une démarche ouverte, d'être réactif et attentif aux besoins exprimés par ses publics. C’est la théorie du crapaud fou1 dont l’esprit d’innovation et d’exploration permet de découvrir de nouveaux territoires, de nouvelles pratiques et de mettre en place des services innovants : ouvrir un blog malgré le scepticisme d’un élu, installer et prêter des consoles de jeux, verser le fonds patrimonial photographique sur un réseau social… Autant de folies inscrites dans des projets de médiation des collections, d’amélioration des services aux publics, de politique documentaire…

S’ouvrir à la culture numérique, c’est donc avant tout être curieux et volontaire. C’est explorer. Cela passe par la mise en œuvre d’une veille sur les évolutions sociétales et professionnelles. Certes, rien de vraiment neuf, mais cette veille se doit d’être permanente et évolutive. Il ne s’agit pas de se sentir obligé de répondre immédiatement à l’expression d’un besoin souvent mal défini, mais bien d’être en alerte, de se tenir au courant des outils qui se créent et de renouveler nos services à partir de ces fonctionnalités émergentes. Comprendre une évolution générale induite par le numérique et lui opposer une réponse adaptée.

Cette appréhension des usages des médias et des réseaux sociaux peut alors se faire à titre individuel (faire de la veille professionnelle, valoriser son parcours, communiquer et échanger avec d’autres professionnels…) ou institutionnel (valoriser l’institution, promouvoir la bibliothèque, disséminer offres et services, améliorer l’existant, former les usagers, etc.).

La médiation documentaire numérique comme compétence

Notre environnement professionnel se développe et nos métiers avec lui. Il importe donc de comprendre ces évolutions et de construire de nouvelles compétences qui sont autant de capacités à agir2.

Les compétences requises sont multiples et se construisent sur trois niveaux :

  • stratégique : il s’agit de maîtriser le contexte numérique, comprendre les enjeux, les outils, savoir énoncer leur rôle, pour développer et coordonner un projet de service qui intègre un volet numérique au service des missions de la bibliothèque3. Bien sûr, il est nécessaire de connaître les limites en termes de participation, de considérations éthiques et légales, de maîtrise de son identité numérique… ;
  • technique : d’un point de vue plus opérationnel, il convient ici de savoir repérer des contenus, naviguer au cœur d’une masse informationnelle mais surtout évaluer, sélectionner une information pertinente, la restructurer pour la rendre intelligible aux attentes précises d’un public donné. Bref, mettre en place un nouvel « écosystème informationnel »4. Cela requiert la maîtrise des outils de veille, de recherche, d’édition de contenus ;
  • organisationnel : afin de bien intégrer le projet dans le fonctionnement de l’établissement, il demeure plus que jamais important de faire reconnaître ces compétences dans l’exercice de son métier en les inscrivant dans les fiches de poste, qu’il s’agisse de gestion de contenu, de veille numérique, comme d’expérimentations. Cet engagement, au-delà de la légitimation des nouvelles fonctions, doit permettre d’éviter la mise en place d’usines à gaz mal pensées et contre-productives.
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