Impact sur l’image et la fréquentation du bâtiment

Il me paraît important de mettre en place des outils mesurant l’impact de la médiation documentaire numérique sur ce qui se passe dans le bâtiment de la bibliothèque :

  • augmentation, même légère, du nombre d’emprunts ou de consultation des documents critiqués ;
  • nombre d’interactions liées à ces outils, c’est-à-dire le nombre de gens qui viennent en parler aux bibliothécaires quel que soit le type de réaction1 ;
  • la notoriété des outils vis-à-vis du public et des partenaires, c’est-à-dire est-ce qu’ils sont connus et est-ce que cela suscite l’envie de participer ?

À ce sujet, il peut être utile de prévoir de mener une petite enquête de satisfaction afin de conforter ces premiers indicateurs de notoriété et de savoir comment faire évoluer notre médiation documentaire numérique. En menant une telle étude à la médiathèque départementale du Haut-Rhin sur notre expérimentation de streaming musicale2, nous avons eu non seulement des retours positifs sur la proposition que nous avions faite mais aussi la surprise de constater que ce n'était pas un public d'adolescents ou de jeunes adultes qui était touché mais que la tranche d'âge majoritaire se situait au-delà de 35 ans (soit 81 % des personnes interrogées avec un taux de réponse important car 100 personnes ont complété le questionnaire sur 450 interrogées). L’impact en termes d’image de ce nouveau service doit être aussi appréhendé auprès des élus et des autres services de notre collectivité. Il est stratégique de faire la promotion en interne de ces actions, de voir comment elles sont reçues et le cas échéant, relayées dans le temps notamment par les élus, si, par exemple quelque temps après leur avoir présenté, ce sont eux qui l'expliquent aux journalistes, aux autres élus ou aux collègues des autres services de la collectivité ou de l'université. Cela fait partie des indicateurs sur la reconnaissance de la médiation documentaire numérique en dehors de notre sphère professionnelle. Nous avons tout intérêt à réaliser la première année un dossier spécial lors du lancement d'un nouveau service avec les données statistiques, les retours de lecteurs ou la synthèse d'une enquête qualitative auquel nous pouvons ajouter un dossier de presse (papier et Web). Il est aussi possible de l'intégrer tout de suite dans le rapport d'activité global que nous faisons auprès de notre hiérarchie et de l'assemblée des élus ou du Conseil d'administration de l'université.

Comme pour l’animation, la médiation documentaire numérique est un espace d’expérimentation de notre relation au public qui doit sans cesse être questionné et remis sur le métier. Ce qui rend le processus d’évaluation d’autant plus important.

Enfin, il me semble aujourd’hui important de partager et de communiquer avec la communauté professionnelle sur nos actions de médiation documentaire numérique, sur son évolution tout au long du projet… et sur son évaluation. Nous pouvons nous enrichir mutuellement dans ces domaines où chaque expérience est unique mais dont une partie peut être transposable ailleurs ou donner l'envie à d’autres collègues de se lancer dans l’aventure.

Notes
1.
Cf. l’exemple de la page Facebook de Quimperlé dans cet ouvrage, l'article de Pascal Thibault : « Les coups de cœur 2.0 de la médiathèque de Quimperlé ».
2.
Dans le cadre d'un appel à projet culturel innovant du ministère de la Culture, les bibliothèques de la Communauté urbaine de Strasbourg, les bibliothèques de Mulhouse, la bibliothèque départementale du Bas-Rhin et la médiathèque départementale du Haut-Rhin ont développé avec musicMe un portail d'écoute et de médiation musicale en ligne destiné aux usagers des bibliothèques. Les auditeurs de ces réseaux de lecture publique peuvent s'inscrire sur le portail musical de leur bibliothèque pour écouter 7 millions de titres et faire des découvertes grâce aux albums mis en avant et aux radios créées par les bibliothécaires musicaux.

 

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