Le rôle des médiateurs

Remettre les clés de l’accès au patrimoine peut relever de la logique de diffusion. Les partager par le biais d’expériences de médiations, en prenant appui sur des logiciels et des applications multimédias, s’inscrit dans le paradigme de l’interactivité. Ce dernier recoupe des pratiques culturelles nourries de savoir-faire en matière de recherches documentaires, et avec les moteurs de recherche d’informations. Le cadre de référence est dès lors construit à partir de la structuration de données, contrôlée par les professionnels des médiations muséales, dans un contexte d’éducation informelle. Les données sont stabilisées pour poursuivre les missions de conservation, de recherche et de diffusion, tant sur les réseaux numériques qu’avec les dispositifs insérés dans les musées. Ces missions sont maintenues à l’heure des plate-formes participatives et contributives, qui donnent à observer des inventions d’usages.

Les relations entre contenus et publics via les dispositifs numériques ouvrent sur des significations d’usages, tant des formes que des ressources. Les subjectivités croisées, des professionnels et des publics amateurs ou profanes, donnent donc à lire les liens pour un partage sensible1 du patrimoine culturel. Il convient d’interroger la nature de ces liens ; n’établiraient-ils qu’un contact ? Les terminaux (ordinateurs, téléphones, tablettes, voire consoles de jeux), dotés d’applications diversifiées, donneraient-ils lieu à des consultations précaires provoquant la fragilisation de ce partage sensible, ou bien à de nouvelles expériences culturelles ? Le rôle des médiateurs est ici crucial pour envisager l’ambivalence de la demande de repères tout en exigeant l’autonomisation des usages, de la part des publics. En effet, les applications en ligne invitent de plus en plus à une customisation pour créer des espaces de stockage et de créativité. Or, la mise en contact des acteurs crée un territoire complexe où se tissent tous types d’interventions éclairées parfois erronées. De plus, les appropriations des contenus, des applications, des terminaux fournissent le terreau de l’économie du numérique fondée sur les suivis et les calculs de traces, dans le respect, plus ou moins strict, des données personnelles, visant l’adaptation des contenus culturels, scénarisés et augmentés.

Les musées sont sensibles à cette question de la traçabilité des données de leurs publics pour élaborer une offre multimédia, en particulier lorsqu'il est question d'utiliser la technologie Radio Frequency IDentification (RFID)2. Néanmoins, pris dans l’urgence d’innover, certains peuvent engager des expériences, qui ne témoignent pas toujours d’une vigilance sociopolitique, notamment sur des réseaux exogènes. Les innovations culturelles tendent toutefois à correspondre aux demandes des publics, qui recherchent une mise en débat, tout en désirant une bonne ergonomie avec le moins de contraintes possibles.

 
L'impression des contenus ce site n'est pas autorisée.